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PRISM tient Microsoft, Yahoo, Google et Facebook, depuis 2007

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Publié par dans Politique ·

PRISM tient Microsoft, Yahoo, Google et Facebook, depuis 2007

Vous ne lisez pas le Guardian ou le Washington Post tous les jours ? Ni ne savez tous les détails révélés par Edward Snowden ? Sachez néanmoins et au moins que Prism est une installation très inédite, grâce aux serveurs des neufs géants de l’internet. Partenariat, dit la NSA parce que, prétend la NSA «plus de 80 % des courriels de terroristes connus utilisaient Yahoo ou Hotmail », selon un rapport officiel.
Ces très étroites et tout a fait secrètes relations «incestueuses» entre NSA et entreprises privées, sont protégées par le « secret défense » et gérées par une unités spéciale du FBI, sans supervision, automatisées incluant sons, photos, discussions écrites et vidéos, avec des mots-clés liés à la « cible » humaine, triés dans une gigantesque base données. Elles sont également utilisées pour les questions de prolifération nucléaire, teintée de terrorisme ou non. Ainsi 40'000 « sélecteurs » intéressants étaient plus de  40'000 en 2012, 2'000 fichiers par mois, donc 27 % de plus qu’en 2011. Il s’agit de l’outil de collecte le plus cité dans le briefing journalier du président Obama, le Prix Nobel de la Paix. Un ingénieur de Google persiste pourtant à nier les évidences des liens avec Prism. Parce que les lois US empêchent de reconnaitre la réalité d’une coopération  avec les services de renseignements ? La loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) de 1978, révisée en 2007. Au début cette loi avait besoin de l’approbation d’un juge. Aujourd’hui un procureur général et le directeur national du renseignement peuvent accorder une autorisation collective, renouvelable chaque année, auprès de la cours de justice ultra secrète. La NSA n’aurait pas  respecté le 4e  Amendment américain, concernant la vie privée des citoyens étrangers.

«Never say anything » est le surnom de la NSA

Etat dans l’Etat, la NSA dirigée par le général Keith Alexander, ment, par omission notamment, même devant la Commission du Renseignement du Sénat (le 27 septembre dernier), est le fruit du traumatisme humiliant de l’attaque surprise de Pearl Harbour de 1941. Les USA auraient été incapables de percer les codes de communications de l’armée impériale japonaise.  Ce qui est contesté. On n’a que peu de choses publiquement. Sauf des affaires comme le torpillage israélien ( !) d’un navire de guerre US qui interceptait les communications des Egyptiens à la Guerre des Six Jours.
Aujourd’hui Obama «fait l’imbécile» alors que le budget de la NSA est passé d’environ 10 milliards de dollars, près de 7,3 milliards d’euros, notamment pour le centre de Fort Meade au Maryland, à 30 km de Washington. L’agence salarie régulièrement 40'000 civils et militaires. Comment ainsi croire que le système Prism aurait évité 54 attentats ? Ce président qui annonçait une réforme du Patriot Act, comment le croire encore ? Son article 251 autorisant la collecte systématique de communications. Et vouloir "chercher une personne indépendante » pour surveiller la NSA ? Une vaste blague que seuls les naïfs croiront. Pourtant seules quelques voix, avec des Libertariens du Tea Party ont manqué au Congrès pour priver- les discussions ont été interrompues par le «Shut down» - la NSA de crédits, pour leurs méga données téléphoniques.
Nous pourrions encore évoquer ici les différents systèmes de cryptages, les ambitions du programme GENIE, les tentatives d’influer l’Organisation internationale de Normalisation à Genève, les budgets. Ce sera pour une autre fois.

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Les affaires «Echelon» ou «Prism» ne représentent que l’infime partie visible d’un gigantesque iceberg de guerre électronique. Ainsi qui connaît le programme «Upstream» qui fournit des infos collectées par Google, Yahoo et Microsoft mais surtout est branché sur les fibres optiques, recouvrant 80 % de toutes les communications du monde ? Et que sait-on de «Shelltrumper» qui avait traité 1000 milliards de données à la fin 2012 ? Ce n’est encore pas grand-chose par rapport à ce que nous préparent depuis cet automne «Moonlightpath» et «Spinnret» ! Vous êtes avertis. Cliquez sur ces mots-clés.
Donc attention, si vous avez du courrier électronique, achetez des livres en ligne, réservez vos vols en avion, commercez avec votre PC ou savez des secrets diplomatiques ou industriels, ce qui suit peut vous intéresser. Surtout si vous avez un simple téléphone, fixe ou pas, dans lequel vous auriez parlé de «Bush», «Obama», «11 septembre», «Ben Laden» ou autres délicates expressions. Tout citoyen – dans le monde ! -  est la cible permanente des cyclopéennes installations électroniques en pays mormon. Indéfiniment extensibles.
Même  si l’administration Obama en minimise la dangerosité, malgré les courages des Bradley et autres analystes tels que Snowden. Y-a-t’il une paranoïa à la «lumière» de la sacro et ultra «sanctifiée» défense de la liberté individuelle, avec le 1 er amendement de la Constitution américaine ? Une Constitution d’origine puritaine européenne, émanant de persécutés par les royautés anglaises; mais qui permet même à chacun de se surarmer outrageusement encore aujourd’hui. En réalité, qui a-t-il derrière cette folie peureuse, paradoxe d’un pays surpuissant, qui fiche toute le monde avec le «Patriot Act» renouvelé, parce que soit-disant traumatisé par des terrorismes qui recoupent n’importe quelle notion ou activité banale ?
Edward Snowden, son ex collaborateur, accuse la NSA l’Agence nationale de Sécurité de tous nous espionner électroniquement. On le sait. Avec la complicité des 9'000 Mormons, puisque le plus grand et plus récent centre d’écoutes, les plus récente «grandes oreilles» du monde, est situé, dans les Montagnes Rocheuses, en plein dans leur Etat historique « chéri », l’Utah. Près de Bluffdale, à 45 kilomètres  de Salt Lake City. Ce monstre des écoutes, inauguré cet automne, intercepte les communications du monde entier, on l’a compris. Comme si la «Guerre froide» continuait, ne s’arrêtant jamais. Contre tous les Etats et individus ciblés. Perpétuellement.
Certains, plus lucides, s’opposent à cette folie qui surpasse manifestement les visions prophétiques d’Orwell dans son «1984». Comme ces manifestants  (ils sont 39 % à défendre la sphère privée) du 4 juillet (Fête nationale états-unienne), qui en 2013, ont voué aux gémonies cette NSA broyeuse, qui s’étale dans une vallée aride. Certains de ces imprécateurs sont des chrétiens ultra-conservateurs (pour une fois qu’ils sont utiles..). Implorant Dieu pour «jeter une malédiction sur la NSA... en en faisant tomber les murailles», claire allusion aux murs bibliques de l’antique Jéricho. D’autres manifesteurs, il est vrai, ont invoqué le Quatrième Amendment de cette Constitution (fourre-tout) qui protège les libertés individuelles. Avec une pancarte disant, opportunément, «Depuis quand mon blog concerne-t-il la sécurité nationale ? »  Peu nombreux ils étaient, selon le «Salt Lake Tribune». Leur mobilisation anti «grandes oreilles», autour du chantier ultra protégé, s’étend aux extrémités de l’éventail politique d'outre-Atlantique. Comme reporté par «Le Monde» et «Le Temps». Selon un sondage du «Washington Post » et «ABC News», 57 % des sondés estiment justifié d’enquêter sans restriction pour cibler de potentiels terroristes et ainsi protéger les chers States. Nombre d’entre eux, toutefois, ne sont plus tellement persuadés que ce pillage massif de données privées protège mieux leur nation. Depuis l’attentat du 11 septembre, la cote de l’agence a plongé, alors qu’ils étaient 80 % à plébisciter ses activités en 2002. Républicains et Démocrates restent divisés, notamment à propos du refinancement d’un programme d’écoutes téléphoniques systématiques.
Outre le siège ultra-sophistiqué de Ford Meade dans l’Etat du Maryland, celui de Fort Gordon en Géorgie aux 1 milliards de dollars et ses 4'000 employés collecteurs de données, existent et fonctionnent les autres bases militaires de Pearl Harbour à Hawaï, puis celle de Lackland au Texas et de Buckley au Colorado. Ces derniers enregistrant des milliards de données sur les régions Pacifique, l’Amérique latine et leurs système d’armements.  
Outre ces centrales, existe ce très officiel et «nouveau» Centre de données de l’Utah. Interdit de toute photo. Il s’étend sur 93'000 à 100'000 mètres carrés et a coûté 2 milliards de dollars (2,17 en francs). Abritant parmi les plus puissantes et rapides calculatrices du monde, il peut rassembler des données recouvrant plusieurs … siècles du trafic internet d’aujourd’hui. Ce «cloud» et ses entrepôts représente le «disque dur» de la NSA, comme l’a écrit James Bradford de l’excellent et très informé  magazine spécialisé «Wired»   (que l’on peut recommander).Pour cet expert, la NSA est (nous citons) une « usine fantôme ».
Surprotégée nous disions : technique de protection dite «anti-terroriste» pour 10 millions de dollars, comprenant une enceinte pouvant bloquer un véhicule de 7 tonnes (!), un système, évidemment, d’identification biométrique, circuit fermé de caméras. Sans oublier un réseau de pompage d’eau – une des raisons du choix de ce site -, pouvant filtrer 6,5 millions de litres d’eau chaque jour. Le centre utilisera 65 mégawatts d'électricité avec une autonomie de carburants pour trois jours…     
La NSA gère depuis des années ses satellites «propres» (aujourd’hui mis au rebut), ses sites d’écoutes internationaux, comme la Mission américaine à Genève où travailla Snowden), s’ajoute en si docile Grande-Bretagne (parlant de sa «relation spéciale» avec les USA) où vous voyez les «grandes oreilles» blanches (sous lesquelles travaillent 2'500 employés spécialisés) depuis le train, reliant à l’Ecosse, à Menwith Hill dans le Yorkshire. Jusqu’en Australie, à Pine Gap autre nation extrêmement coopérante pour espionner surtout sur les questions nucléaires. La NSA occupe ainsi 33'000 employés et, pire, sous-traite avec 500 sociétés privées !
Tous les grands réseaux téléphoniques sont branchés sur l’agence, les grands câbles de fibres optiques sous-marins (desservis par des sous-marins US qui ramassent périodiquement les «boîtes» enregistreuses), rendant l’utilisation des "grandes oreilles» de Loèche en Suisse, obsolètes. Tout le matériel collecté sera disponible pour le FBI, de la CIA mais aussi au service de toutes les agences «traqueuses», soit-disant, de terroristes, les cyber-attaques ou les concurrents de Boeing tels que Airbus ou les entités politiques européennes et onusiennes.
L’opinion publique, semble, majoritairement, approuver ces activités illégitimes. Les Mormons conservateurs si consentants, enseignent le patriotisme, le respect de l’autorité, ont une autre «vertu», analogue à celle des scientologues. Ils envoient systématiquement leurs adeptes en mission temporaire aux quatre points cardinaux. Ce qui fait de l’Utah l’Etat le plus polyglotte des USA. Utile pour décrypter les communications de partout. Nombre de leurs jeunes sont recrutés par la brigade spécialisée chargée du renseignement dans la Garde nationale, brigade qui, officiellement, compte 6'000 linguistes.
L’un de ceux qui s’est le plus démené pour implanter cette monstrueuse «oreille», cet Argus (comme le légendaire grec aux «cents yeux») est le sénateur républicain Orrin Hatch, ex membre de la très influente Commission fédérale du renseignement. Partisan fanatique des lois sécuritaires d’après 11 septembre, il se vante des 200 emplois permanents à Bluffdale, localité voisine en insistant qu’il s’agit du «centre le plus sophistiqué du monde consacré à la traque des menaces provenant d’organisations criminelles ».
La NSA, quant à elle, n’a jamais daigné s’expliquer plus en détails, parlant seulement de  "lutte contre la cybernétique », comme le fait Glenn Gaffney, chef du renseignement, qui ne parle que de la «nécessité de mieux protéger les infrastructures du pays» américain. A un journaliste un peu plus curieux, un cadre du même Centre disait n’avoir «aucune idée de la fonction de ces installations… ajoutant mais je ne souhaite pas être espionné par eux..»
Sentant le «vent du boulet», dans ce contexte, la NSA fait du lobbying à grande échelle et tout azimut, au Capitole, à la Maison Blanche par  l’entremise de son directeur, le général Keith Alexander. L’entourage d’Obama a dit sa satisfaction que l’on ne «démantèle pas à la va-vite» les programmes intrusifs d’écoute. Une NSA qui insiste lourdement en prétendant que leurs oreilles auraient permis de déjouer plus de 50 actes terroristes aux USA et ailleurs… Avec quelles preuves ? James Bamford, le grand spécialiste, écrivait dans la «New York Book Review of  Books» qu’un «tiers des communications téléphoniques du monde entrent, sortent ou transitent par les Etats-Unis». Et c’est le rapport secret de l’inspecteur général (cela existe) de la NSA, révélé par Snowden qui confirmait que presque toutes les relations internet passent par l’Amérique du Nord. Avec l’aide complice d’opérateurs mammouths tels que «AT&T» qui possèdent et gère, depuis 2003, un espace ultra-secret plein d’ordinateurs net logiciels spéciaux pour espionner. Plus d’une dizaine d’autres existent ainsi dans tous les Etats US.

Milliards de données pour 1'000 ans ou 500 milliards de pages de texte

Cette NSA, recueille des métadonnées avec numéros d’appelés et appelants, durée des appels … Ce data Center aura des capacités ahurissantes mesurables en «yottabites», donc 10 puissance 24 bits, un volume effarant. Aucun terme n’a été trouvé pour décrire une quantité plus grande puisque 1 yottabite a la valeur de mille années du trafic mondial sur le net ou à 500 milliards de milliards de pages de texte «normal». Les algorithmes de traitement établissent  automatiquement les relations entre achat à tel lieu, un appel par téléphone, une vidéo, les données douanières ou les services d’immigration. Ce qu’a confirmé (en 1912) le général David Petraeus, l’ancien directeur de la CIA, celui qui fut le chef de l’envahissement de l’Irak.

Prévoir révoltes et mouvements de foule avec Twitter et Facebook

Les données des réseaux Twitter, Facebook, et parfois, les caméras de surveillance, peuvent permettre de prévoir les mouvements de foule, ders révoltes. Le même haut gradé ajoutait que pour la NSA, il s’agit de «nager dans l’océan du big data… (en étant) des nageurs de classe internationale. Les meilleurs, en fait».
Plus en détail, les «grandes oreilles» mormones de l’Utah, peuvent écouter, analyser, suivre, avec le «Web profond», le domaine des données protégées par des mots de passe dans les bases de données de gouvernements ou de sociétés. Casser des codes secrets de renseignements confidentiels financiers, militaires, normalement cryptés est possible grâce à leurs ordinateurs ultra-rapides.

Deux, 33 milliards de calcul par seconde !

D’où la question de l’origine de ces machines monstrueuses. La concurrence est féroce entre Chinois, Américains et Japonais. Ainsi le célèbre «Jaguar», autrement dit le XT5 a vu sa capacité augmentée à 2,33 petaflops, ce qui donne 2,33 millions de milliards de calcul par seconde ! Un autre appareil gigantesque, le « Cray XC 30 », dans le programme « Cascade » du Pentagone veut tenter d’arriver à l’ "exaflop », donc un milliard de milliards d’opérations à la seconde…
Le plus grave dans tout ceci est la volonté – confirmée par le vote récent d’un « tribunal secret » - de garder systématiquement les données récoltés au sein de la NSA. Justification de la CIA, par le chef technique Gus Hunt : «La valeur de chaque information ne se sait que lorsqu’on peut la relier avec une donnée autre, survenant plus tard, n’importe quand… Comme il est impossible de relier des renseignements que l’on n’a pas, … nous nous efforçons de tout collecter, en le conservant pour toujours.»
Comme l’ont confirmé récemment dans un «Café Diplomatique » de Genève sur le sujet, l’ancien président de la Swiss Cyber Society, par ailleurs enseignant de guerre cybernétique à l’Ecole de guerre de Paris et le président du Parti pirates Suisse : l’apathie générale domine dans l’opinion publique et surtout chez les politiques, alors que la Suisse a de très bons spécialistes, notamment à l’EPFL,  de «contre-guerre» cybernétique. Demain il sera trop tard. Il faut le savoir. Maigre consolation, le dépôt d’un amendement de parlementaires américains voulant limiter la surveillance exercée par la NSA. Mais rejetée à une courte majorité.
Et la pleutre Confédération aurait intérêt à se réveiller. Et vite. Si l’on songe aux incapacités de notre chef du Renseignement et l’ahurissante gestion du vol de données sensibles dudit service, qui met en péril les collaborations avec les sert vices d’espionnage occidentaux. Le scandale des fiches n’a-t-il pas suffit. Les tentatives d’achat et d’infiltrations américaines de la société fabriquant les excellentes machines de Crypto S.A., le vol d’une grosse machine (américaine) à crypter à la caserne de Fribourg n’ont nullement interpellé la gentillette inefficace Commission fédérale du renseignement, complètement dépassée.
Raymond Zoller

A LIRE
«HISTOIRE DES CODES SECRETS, De l’Egypte des pharaons à l’ordinateur quantique» par Simon Singh Ed. Livre de poche (J.-Cl. Lattès), 1999. Remarquable. De préférence à l’ouvrage analogue de L. Joffrin qui ressemble à un plagiat.

A VOIR :
La remarquable exposition «SERVICES SECRETS»  jusqu’au 30 novembre 2013, au Château de Morges
 www.chateau-morges.ch  Mieux qu’un film avec J. Bond et au-delà des fantasmes. L’histoire comme on ne nous l’enseigne pas




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