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Laïcité - Islam et laïcité - bibliographie

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Commission Ethique / Institution / Mandat N° 4 / Chantiers

Bibliographie concernant  l'Islam et la laïcité
( tous les lvres peuvent être acheté sur Priceminister,  Amazon et chez les éditeurs )

La laïcité face à l'islam
Olivier Roy
Stock - 23/02/2005

Islamisme, laïcité et Droits de L'homme - Un Siècle de débat sans cesse reporté au sein de la pensée arabe contemporaine
Mohamed Cherif Ferjani
Editions L'harmattan - 01/12/1991


La politique et le religieux dans le champ islamique (Essais)

Mohamed Cherif Ferjani
Edition Fayard, 2005


L'islam dans la laïcité
Franck Frégosi
Hachette Pluriel Editions - 01/06/2011
Livres de Sciences humaines Livres Islam

Grand Orient De France : Laïcité Et Islam - Emission Du 5 Novembre 1989
Centre De Documentation Du Godf - 1989
Livres de Sciences humaines Livres Sociologie

L'interculturalité à travers l'islam, la République et la laïcité
Saliha Brahimi
Bénévent Editions - 04/08/2011

Le Piège N° 139 : Algérie : Islam, Laïcité Et Nationalisme. La Fin De L'algérie Française. Le Retour Du Piège À Salon. La Guerre En Orbite. Histoire Du Vandalisme.
Collectif

Panoramiques N° 1 Juin-Juillet-Août 1991 : Islam, France et laïcité : Une nouvelle donne ?
Gauthier, Guy
Cinémaction-Corlet - 20/07/2001
RevueRevue (Autre)

Islam De France, islams d'Europe
Islam Laïcité
Editions L'harmattan - 05/07/2005

Islam et musulmans de France - Pluralisme, laïcité et citoyenneté
Abderrahim Lamchichi
Editions L'harmattan - 28/09/1999

L'islam est-il hostile à la laïcité
Abdou Filali Ansary
Actes Sud - 09/04/2002

Islam et laïcité - La naissance de la Turquie moderne

Bernard Lewis
Fayard - 01/12/1988

Pluralisme et laïcite - Chrétiens et musulmans proposent
Gric
Bayard Jeunesse - 01/03/1996

Islamite et Laïcite - Pour un contrat d'alliance
Maxime Joinville Ennezat
Editions L'harmattan - 20/11/1998

Islam, médias et opinions publiques - Déconstruire le "Choc Des Civilisations"
Géraud Poumarède
L'harmattan - 01/02/2006

Islam et laïcité - Approches globales et régionales - Colloque International, Istanbul, 22-24 Septembre 1994
Michel Bozdémir
Editions L'harmattan - 01/12/1996

Existe-t-il un féminisme musulman ?
Islam Laïcité
L'harmattan - 01/06/2007

Le Soleil de demain - Islam et laïcité au seuil des temps modernes
Foudil Benabadji
Domens - 01/10/2004


Foudil Benabadji
Edition PUBLISUD, 2015


Penser l'islam dans La Laïcité - Les musulmans de France et la République
Franck Frégosi
Fayard - 23/01/2008


Laïcité ou islamisme - Les Arabes à l'heure du choix
Richard Jacquemond
Editions La Découverte - 1991

Le Maire et la mosquée - Islam et laïcité en Ile-De-France
Françoise Duthu
L'harmattan - 02/01/2009

Extrait d'un article de Faouzia Farida Charfi, professeur de physique à l'Université de Tunis .

Quand Averroès redeviendra-t-il Ibn Rochd ?

          
Ces comportements des islamistes face à la science signifient la négation de la pensée libre, libre de toute contrainte, ce qui devrait impliquer que l'on s'affranchisse de tous les dogmes. Ils ne peuvent être compatibles avec l'essence même de la science qui est un continuel questionnement, car ils aboutissent à considérer la science comme une vérité définitive puisque issue de la révélation.
           Il est intéressant de constater que l'expérience que j'ai vécue avec des étudiants en physique de l'université de Tunis est tout à fait comparable à celle décrite par Abdelhafidh Hamdi-Cherif, lorsqu'il était enseignant en sociologie à l'université de Constantine. Il avait demandé à un groupe d'étudiantes de deuxième année, de préparer un exposé sur la notion de vérité. Elles avaient dressé, écrit Hamdi-Cherif dans la revue Naqd [15] : " un tableau des plus importantes conceptions de la vérité, allant des présocratiques à Bachelard en passant par la controverse Al Ghazali-Ibn Rochd, l'empirisme anglo-saxon ou le spiritualisme français. Mais ce travail de grande érudition s'acheva, en conclusion, par une sentence : ce ne sont là qu'avis de philosophes. Nous, en tant que musulmans, nous avons Notre vérité dans le Coran et la Sunna ". La science leur reste extérieure.
           Cette attitude de distanciation ou de refus de la science n'est pas propre à l'islam. Elle a existé en Occident. On ne peut oublier les souffrances infligées à Giordano Bruno pour avoir osé parler de l'infini des mondes. On ne peut oublier le procès de Galilée. Ce n'est qu'en 1822 que le Vatican leva les interdits sur les ouvres de Galilée ; la question sera revue par la Congrégation du Saint-Office en 1982 puis en 1984, sans qu'il soit réhabilité. C'est avec Galilée que la science moderne est née et, depuis, elle continue à se développer dans le monde occidental. Même s'il ne faut pas négliger la puissance des mouvements créationnistes protestants ou du mouvement " intelligent design " qui se présente comme " scientifique ", l'Occident a une longue tradition de modernité et on ne peut comparer l'incidence des courants fondamentalistes dans les pays occidentaux et dans les pays musulmans. Aujourd'hui, les moyens de communication que la science a permis de développer de manière vertigineuse ces dernières années, sont un outil que les islamistes ont su exploiter au mieux : entre les cassettes audio, les télévisions et les sites web, ils offrent aux musulmans crédules un discours qu'ils habillent " d'arguments scientifiques ". En cela, ils ont parfaitement imité les fondamentalistes chrétiens qui tiennent à une lecture littérale de la création et s'opposent fermement à la théorie de l'évolution. Il est frappant de constater à quel point le discours qui assimile la théorie de l'évolution à une idéologie matérialiste, donc immorale et responsable de tous les maux de la société, est le même chez les fondamentalistes chrétiens et musulmans.
           Se voulant " modernes ", mais rejetant l'Occident et ses valeurs, les islamistes développent par ailleurs un discours qui veut montrer, citations du Coran à l'appui, que la science moderne était déjà présente dans le Coran. C'est une façon de s'approprier cette science née en Occident. Ils veulent montrer qu'elle est déjà dans la Révélation. Ils refusent d'admettre que l'homme ait élaboré une représentation de l'univers qui nous entoure en termes de lois fondamentales : c'est inacceptable, car d'une part, tous les mystères  de la nature sont expliqués dans le Coran, d'autre part, Dieu gouverne la nature ; elle ne peut donc lui échapper par des lois. Cette attitude a des racines profondes liées à une conception de la foi qui exclut le pouvoir de la raison qui pourrait l'éloigner de Dieu, créateur du monde.
Les islamistes adoptent la pensée anti-rationaliste de Ghazali, théologien philosophe du xie siècle. Auteur de plusieurs ouvrages dont Autodestruction des philosophes et Erreur et délivrance, Ghazali écrit : " Tous les processus naturels représentent un ordre fixé par la volonté divine, que celle-ci peut rompre à tout moment " [16]." C'est ainsi que le soleil, la lune, les astres, les éléments sont soumis aux ordres divins : rien en eux ne saurait agir spontanément.  
Quoique sans rapport avec la religion, les mathématiques sont à la base des autres sciences. Celui qui les étudie risque donc la contagion de leurs vices " [17]. Ghazali rejette toute soumission de la nature à des lois qui limiteraient la volonté de Dieu : " Le cosmos est volontaire. Il est création permanente de Dieu et n'obéit à aucune norme. Le premier maître est Dieu et la connaissance se transmet par la révélation (.) et (.) par l'intermédiaire des prophètes. " [18].
           La démarche antirationaliste des islamistes aujourd'hui constitue un frein majeur au développement culturel et scientifique des pays musulmans, pays consommateurs et non créateurs de science. Dans ces pays, la pensée scientifique est d'une certaine manière moins libre qu'à certaines époques de l'histoire musulmane qui a connu de grands philosophes tels qu'Ibn Rochd (xiie siècle) (Averroès pour les latins). Connu pour ses commentaires des écrits d'Aristote et pour son ouvre philosophique, Ibn Rochd a contribué à la séparation entre foi et connaissance, religion et philosophie. Pour lui la loi divine appelle à étudier rationnellement les choses et ne se trouve pas en contradiction avec la philosophie. Dans son fameux ouvrage Autodestruction de l'autodestruction où il répond à Ghazali, il écrit : " Rien ne prouve mieux la sagesse divine que l'ordre du cosmos. L'ordre du cosmos peut être prouvé par la raison. Nier la causalité, c'est nier la sagesse divine, car la causalité est une relation nécessaire. La seule fonction de la raison est de découvrir la causalité, et celui qui nie la causalité, nie la raison et méconnaît la science et la connaissance ".
           Mais Ibn Rochd fut persécuté à la fin de sa vie et ses livres ont été brûlés. Des exemplaires furent retrouvés en Occident, traduits en hébreu et en latin, contribuant à l'émergence d'une pensée moderne en Occident. Dans le monde arabe, pendant des siècles, c'est la pensée de Ghazali qui a régné sur les esprits et Inb Rochd est passé presque inaperçu. On regrette qu'il n'ait été qu'Averroès, car c'est en Europe chrétienne qu'à partir du xiiie siècle, s'est développée cette pensée moderne qui a permis de passer du texte sacré que l'on prend à la lettre, au texte que l'on interprète, ce qui laisse une place à la raison. Henri Corbin [19] cite ce mot d'Averroès : " O hommes ! Je ne dis pas que cette science que vous nommez science divine soit fausse, mais je dis que, moi, je suis  
sachant de science humaine " et ajoute, " on a pu dire que c'était là tout Averroès " ; " L'humanité nouvelle qui s'est épanouie à la Renaissance est sortie de là " [20].
           Aujourd'hui, face aux intégristes, des intellectuels du monde arabe font entendre leurs voix pour proposer une autre vision de l'islam, reprenant à leur compte certaines avancées exprimées à l'aube de l'islam et qui n'ont pas pu fructifier en leur temps. Ils proposent de rompre avec la lecture littérale de certains versets et d'entreprendre une démarche herméneutique.
           Combattre les extrémistes, c'est aussi faire en sorte que nos jeunes soient armés pour ne pas se laisser embrigader. C'est par la culture, l'enseignement des humanités, l'enseignement de l'histoire des sciences, que nos jeunes peuvent échapper à cette fermeture, mais cela suppose une véritable prise de conscience de la nécessité de réinvestir le secteur de l'éducation que les intégristes avait occupé pour façonner l'esprit des jeunes.

1. F. Laroui, " Ne nous parlez pas de Darwin ", Jeune Afrique  
l'Intelligent, N° 2301, 13-19 février 2005.
2. J. Bergman, " Darwinism and the Nazi Race Holocaust ", Creation Ex  
Nihilo Technical Journal, 13, (2), 101-111, 1999 ou  
www.answersingenesis.org.
3. G. Lecointre, " Evolution et créationnismes ", Sagasciences@cnrs-
dir.fr
4. L.Parker, " School science debate has evolved ", USA TODAY,  
28-11-2004.
5. L'ACLU représentait Scopes au procès du singe de 1925.
6. Voir : " ACLU/AU Press Release : "Pennsylvania Parents File First-
Ever Challenge to 'Intelligent Design'Instruction in Public Schools."  
December 16, 2004, http://www.aclu.org/ReligiousLiberty ".
7. The Gallup Organization, 19 novembre 2004.
8. Guillaume Lecointre, op.cit.
9. C. Susanne, L'enseignement de la biologie et l'évolution (humaine)  
en péril ?, Antropo, 8, 1-31, (2004).
10. Journal la Republica, 28 avril 2004.
11. Bechir Torki, La science appartient à Dieu, p. 112, Tunis, 1979  
(en langue arabe).
12. Les miracles du Coran, www.harunyahya.com/fr
13. Le Coran, traduction de S. Mazigh, Editions du Jaguar, Paris.
14. M.Nanda, " Postmodernism, Hindu nationalism and "Vedic science"  
", Frontline (India's National Magazine), Volume 20, January 2, p.
78-91, 2004.
15. A. Hamdi-Cherif, " De quelques blocages dans l'accès au savoir :  
l'identité comme obstacle épistémologique ", Naqd, Revue d'Etudes et  
de critique sociale, n° 13 (Science, savoir et société), p.101.
16. Voir H. Corbin, Histoire de la philosophie islamique, p. 258,  
NRF, idées, 1964.
17. Al-Ghazali, Al-munqid min adalal : erreur et délivrance, p. 75,  
traduction française par F. Jabre, Commission libanaise pour la  
traduction des chefs d'ouvre, Beyrouth, 1969.
18. Voir M. Charfi et A. Mezghani, Introduction à l'étude du droit, §  
386 et 397, CNP, Tunis, 1993 (en arabe).
19. H. Corbin, op.cit. p.345.

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Chantiers


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