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Allocution Pierre Chastanier président sortant D&DF. Paris, le 9 février 2010

TTRRGGMM, Mes BBAAFF et SS, Mes chers amis,

Monsieur le Ministre, TTRRGGMM, Mes BBAAFF et SS, Mes chers amis,

En cette soirée émouvante qui marque notre 50ème Colloque National et le passage de témoin à une nouvelle équipe, je veux voir dans votre fraternelle présence à la fois un signe de reconnaissance pour le travail accompli au cours de ces 6 années écoulées et un témoignage de l’accueil chaleureux que vous voulez  réservez  à ceux qui demain seront responsables de l’avenir de notre association.

La date arrêtée pourtant depuis longtemps a malheureusement souffert de la concurrence du Dîner du CRIF qui fait que de nombreux politiques ont du s’excuser compte tenu de cet important évènement.

En dehors d’un mot chaleureux du Président de la République qui se souvenait de notre soirée de 2007 et qui justement participe à ce dîner, j’ai eu de nombreuses autres excuses de Nathalie Kosciusko-Morizet, de Jean-Louis Borloo, d’Eric Woerth, d’André Santini, de Valérie Pécresse, de Bertrand Delanoë, d’Anne Hidalgo, de Corinne Lepage etc. et je vous les transmets. Monsieur le Ministre Alain Richard représentera donc la classe politique ce soir et je le remercie de sa présence.

Je repense ce soir à  ce 4 décembre 2005 où 33 d’entre nous se retrouvèrent Chez Françoise pour jeter les bases de notre Association Dialogue et Démocratie Française. Ils sont ici ce soir et je les remercie de leur fidélité.

J’avais imaginé ce titre 20 ans plus tôt, c’est dire l’intérêt que je portais déjà à  l’existence d’un lieu de rencontre inter obédientiel de FF et de SS de tous Grades, intéressés au-delà des disparités nées de  l’histoire de nos différentes institutions et au-delà du cadre corporatiste des Fraternelles réservées par ailleurs aux seuls Maîtres au  rassemblement de tous les Maçons dans un dialogue tolérant autour de questions utiles à nos FF et SS humains que l’Initiation nous donne le devoir d’éclairer.

La tâche n’était pas évidente car il fallait démontrer aux Obédiences que nos objectifs ne les  concurrençaient  en rien puisque nous voulions être modestement, sur le Parvis, donc dans le monde profane, ce point de rencontre où dans une relation non hiérarchisée « inter pares », la Lumière qui avait éclairé nos Travaux pourrait continuer de briller en nous pour que nous poursuivions au dehors l’œuvre commencée dans le Temple.

Bien sûr quelques FF bien intentionnés ont colporté aussitôt l’idée que je voulais monter ma propre Obédience Maçonnique, mais leur Fraternité sans borne, s’est heurtée aux évidences.

Nous avons toujours respecté profondément nos Institutions, invité les GGMM aussi souvent qu’ils l’ont désiré. Nous nous sommes strictement cantonnés au cadre profane des questions sociétales et nous n’avons initié personne aiguillant au contraire vers nos différentes Obédiences celles et ceux qui frappaient à notre porte.

Nous fûmes quelque peu servis par la chance puisque très vite, de nombreux GGMM ou Anciens GGMM acceptèrent nos Invitations comme Invités d’Honneur et pour certains comme conférenciers et se mirent à fréquenter assez régulièrement nos Colloques ou nos grandes manifestations.

Je voudrais donc remercier dans un ordre chronologique, Patrick Kessel, Alain Graesel, Roger Dachez, Philippe Guglielmi, Alain Pozarnik, Michel Payen, Jean-Michel Quillardet, Alain Bauer, Guy Ramon, Yvette Nicolas, Jean Murat, Anne Lediberger ainsi que leurs représentants et de nombreux dignitaires de toutes nos Obédiences et tout particulièrement Alain-Noël Dubart, Denise Oberlin, Jacques Samouelian et Marcel Laurent présents parmi nous ce soir.

Oui, je voudrais les remercier tous de l’aide précieuse que par leur présence ils nous ont apportée alors même que la Franc-maçonnerie, au cours de ces dernières années, et notamment une de ses principales obédiences, sous les coups de trois mauvais compagnons était une fois encore clouée au pilori faisant les unes au fil des mois des mêmes sempiternels magazines.

Nous avons rapidement invités de très nombreuses personnalités politiques de Droite et de Gauche, des Ministres, des Maires de grandes villes, des Parlementaires, des Hauts Fonctionnaires, des Universitaires, avec deux temps forts, l’invitation en 2007 à l’occasion de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy avec l’aide d’Alain Bauer et de François Bayrou avec l’aide de Didier Bariani.

Au cours de ces différentes soirées où se succédèrent les talents, nous avons essayé de ne pas trop tomber dans le Star  System  (style : J’ai dîné avec Sarkozy !) mais d’établir avec nos Invités un dialogue fructueux s’appuyant sur le travail de nos Commissions Thématiques.

Quelques uns d’entre eux se souviennent encore des questions embarrassantes  même si elles étaient toujours courtoises, de certains de nos intervenants.

La mise en place de toute cette infrastructure, de tous ces Colloques, d’un site Internet diffusant aujourd’hui notre Lettre mensuelle à 4500 abonnés, alors que nous étions tous des bénévoles et que les cotisations perçues étaient bien maigres,

(Nous avions indiqué que tous ceux qui avaient des difficultés financières ne paieraient qu’une cotisation annuelle de 20 € et  il s’avéra que la plupart des FF et SS avaient des difficultés financières mais malgré cela, j’ai le grand plaisir, ce soir, de transmettre à mon successeur une caisse de 33.000 €)

Tout cela ne put se faire que grâce au courage et à l’abnégation d’une petite équipe où Mireille Deltour au Secrétariat et aux Réservations, Alain Renault aux comptes, Patrice Hernu au serveur informatique et quelques autres m’assistèrent avec le plus total dévouement. Ils ont droit à toute notre reconnaissance.

Mais il fallait prendre son bâton de pèlerin pour installer des Clubs partout où ils étaient réclamés. Certains depuis ont un peu végété, d’autres sont d’éclatantes réussites et nous avons essaimé aujourd’hui dans presque toute la France grâce notamment à l’aide constante et tellement désintéressée de Charley Muscat

A Lyon notre ami Marc Fraysse a réalisé des prouesses, même chose à Marseille avec Roland Roger : deux Clubs de grande qualité dont l’avenir est brillant  mais aussi à Montpellier, Avignon, Nice, Aix-en Provence, Beaucaire, Nîmes, Perpignan, Bordeaux, Nantes, Angers, Bourges, Nancy , Metz, Alpes de haute Provence , Ajaccio et Papeete et plus récemment Strasbourg, Arles, et demain, Alès, Toulouse, Vannes, Clermont, Lille et Montélimar

De nombreux Présidents et Présidentes de Clubs sont là ce soir. Je voudrais les remercier tous chaleureusement et  leur rappeler que la vie d’un Club tient essentiellement au dévouement et à la constance de l’équipe dirigeante et je crois qu’ils n’en manquent pas.

Notre initiative a par ailleurs conduit un de nos F Christophe Lucas parti en Suisse pour des raisons professionnelles à exporter auprès de nos FF de la Loge Alpina l’idée de DDF. C’est ainsi qu’avec notre parrainage est née DDS, Dialogue et Démocratie Suisse, brillamment représentée ce soir par son Président André Mooser et deux membres du Conseil Exécutif, Christophe Lucas et Guy Bottequin qui ont fait le déplacement de Genève pour cette soirée anniversaire.

J’ai dit tout à l’heure que notre ambition dépassait celle d’être de simples organisateurs de spectacles et que nos échanges avec nos élus mais aussi avec les intellectuels que nous avons reçus, devait aller bien au-delà de l’attitude passive de l’auditeur afin de leur faire part de nos réflexions et de les faire réagir sur nos propositions.

C’est la raison pour laquelle nous avons rapidement constitué des groupes de travail, nos fameuses Commissions Thématiques Nationales où autour de quelques personnalités s’épanouirent progressivement plusieurs pôles actifs.

Je voudrais remercier tout particulièrement ce soir Marc Dugois, Patrice Hernu, Jean-Jacques Pin, Paul Violet, Philippe Desgouttes, Christophe Stener, Catherine Rosen, Jacques Soppelsa, Pierre-Julien Dubost, Guy Peretti,  du travail accompli au sein de ces Commissions.

Merci aussi à tous ceux qui m’ont aidé sur le Net (Patrice Hernu, Jean-Louis Guignard, Marc Dugois, Mireille Deltour, Georges Aimé) à diffuser une cinquantaine de lettres mensuelles, de nombreux éditoriaux, articles de fond et billets du jour, alors que dans le même temps nos membres à titre personnels publiaient chez différents éditeurs plus d’une vingtaine d’ouvrages.

Merci également à cette équipe dévouée du Cercle Républicain qui autour de notre F Daniel Chapron nous a toujours accueilli avec beaucoup de gentillesse et de serviabilité.

Mais Merci d’abord et avant tout à vous tous Chers FF et SS car sans votre adhésion cette œuvre se serait vite consumée.

(Applaudissements)

Je retiendrai ce soir quelques temps forts de ces 6 années passées au service de DDF

   * Les deux belles soirées présidentielles avec Nicolas Sarkozy et François Bayrou
   * La réception somptueuse à l’Hôtel de Ville de Paris grâce à Bertrand Delanoë et Anne Hidalgo animée par l’orchestre de la Garde Républicaine,
   * Quelques belles soirées au Cercle Républicain ou au Sénat autour de  Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet, Claude Allègre, Jean-Paul Huchon, Valérie Pécresse, Jean- Paul Delevoye, André Santini, et bien d’autres encore.
   * Deux émissions de télévision dont l’une avec nos FF Alain Graesel et Jean-Michel Quillardet
   * Quelques Dîners de la Fraternité dans le magnifique Salon Boffrand du Palais du Luxembourg
   * Quelques belles soirées en Province dont celle de Lyon sur Laïcité et Spiritualités où nous reçûmes en même temps les Chefs de toutes les Eglises dont le Cardinal Barbarin
   * J’y ajouterai ces soirées émouvantes de remise de Bourses à des jeunes méritants issus de milieux modestes ou défavorisés d’abord sous l’égide de l’association « Un avenir Ensemble de la Grande Chancellerie de la Légion d’Honneur » à l’initiative du Général Kelche, puis de manière autonome avec l’aide du Ministère de l’Education Nationale et de notre F René Chudeau, œuvre que j’espère voir mes successeurs poursuivre tant il est important pour  notre cohésion sociale que l’ascenseur républicain continue de fonctionner.

Au cours de ces 6 années nous avons, je crois, démontré que la Fraternité n’était pas un vain mot. Nous sommes intervenus très souvent pour régler des problèmes touchant nos FF et SS ou leurs proches, problèmes médicaux, administratifs, financiers, emplois, logements sociaux. Trop de FF et SS souffrent. Aussi n’oublions jamais  que la Maçonnerie opérative fut d’abord et avant tout une Mutuelle avant l’heure.

Mais chacun donnant en quelques années tout ce qu’il peut donner dans le cadre de son mandat il fallait ensuite que d’autres ouvriers se succèdent sur le Chantier.

C’est donc l’heure de transmettre le relais à une nouvelle équipe.

Vous avez «élu en Assemblée Générale le nouveau Bureau présidé par notre F Patrice Hernu.

Je suis heureux de ce choix car je connais les mérites de Patrice, Administrateur de l’INSEE, Docteur en Mathématique et en Economie, militant de la première heure d’une écologie responsable, j’apprécie son haut niveau intellectuel et initiatique, son ouverture d’esprit, son dévouement  qui s’est manifesté chaque fois que je l’ai sollicité.

Autour de lui une équipe dynamique s’est constituée, avec notre infatigable Charley Muscat Vice-président exécutif, chargé du développement des Clubs Régionaux, Christophe Stener Secrétaire Général et Christian Thuillier Trésorier. Je laisserai à Patrice le soin tout à l’heure de présenter ses co-équipiers. Sachez que, même en deuxième ligne,  je serai toujours auprès d’eux chaque fois qu’ils auront besoin d’un conseil ou d’un coup de main.  

Au cours de cette soirée nous allons écouter les Commissions et les Clubs nous rapporter leurs Travaux puis nous donnerons la parole au nouveau Président et à son équipe. Ils vous indiqueront le cap qu’ils comptent prendre pour l’avenir de D&DF, pour le dialogue inter-obédientiel,  pour stimuler la réflexion et partant le rôle d’éclaireurs de nos membres, pour que la Fraternité des Maçons serve la Fraternité universelle.

Merci pour ces six années de bonheur passées auprès de vous et grâce à vous.

Longue vie à une Franc-maçonnerie Unie, Solidaire et Universelle

Longue vie à DDF

Allocuation Patrice Hernu, président D&DF. Paris, le 9 février 2010

Monsieur le Ministre, Mes Bien-aimées Sœurs, mes Bien-aimés Frères, mesdames, messieurs, chers amis,


Comment ne pas ressentir une grande émotion après les mots si chaleureux de Pierre Chastanier...

Je veux d’abord saluer à mon tour la présence ce soir de Sœurs et de Frères qui ont la charge ou ont eu la charge de présider les grandes obédiences de France, grandes par le nombre mais aussi grandes par l’esprit qu’elles entendent souffler sur un monde en difficulté, grandes également par les lumières qu’elles entendent préserver en tenant les deux bras de nos organisations :

-          D’une part maintenir ce qu’il y a de plus essentiel à nos traditions, essentiel pour nos cheminements personnels mais essentiel également pour la construction sociale ;

-          D’autre part accepter les évolutions et les adaptations qui ne trahissent pas l’essentiel tout en permettant aux leçons superposées de notre passé, depuis la création jusqu’aux grands évènements de notre histoire collective, y compris les plus récents, d’être audibles pour nous-mêmes et nos contemporains.

Dialogue & Démocratie Française s’inscrit évidemment dans cet effort conjugué.

Le travail effectué depuis 6 ans l’illustre bien comme a pu le rappeler notre « pour toujours président fondateur » Pierre Chastanier. J’aurai l’occasion d’y revenir dans un instant à l’issue de cette allocution que j’ai souhaité volontairement courte. Ce pourquoi, contrairement à mon habitude, j’en ai écrite la trame car elle est aussi un engagement que la nouvelle équipe et moi-même prenons avec l’ancienne qui continue de nous accompagner.

Merci donc aux Grande Maîtresse et Grands Maîtres Denise Oberlin, Alain Noël-Dubart, Jacques Samouelian et Marcel Laurent ainsi qu’aux représentants des autres obédiences

de votre présence car sans vous, sans les obédiences constituées et leurs membres, Dialogues & Démocratie Française n’aurait tout simplement pas d’existence, pas de raison d’être.

On dit souvent que la franc-maçonnerie évolue par scissiparité, un peu comme certaines cellules qui n’ont pas encore trouvé totalement leur unité d’être vivant mais trouvent ainsi le moyen de transmettre leurs codes de base tout en s’adaptant à l’évolution du vivant. Dialogues & Démocratie Française se veut ainsi un élément, parmi d’autres, d’interface en reconnaissant comme sœurs et frères toutes celles et ceux qui ayant accepté les bases communes de l’initiation au-delà des références culturelles, religieuses, politiques ou même spirituelles, acceptent d’aller au-delà.

·         Au-delà pour réunir ce que la société actuelle rend plus épars que jamais.

·         Au-delà pour créer un lieu où retrouver des SS et des FF que la vie profane a éloigné des temples : un licenciement, un divorce ou simplement le désabusement face à une société où ils ne trouvent plus leurs marques personnelles ou spirituelles au sens très large du terme.

·         Au-delà en accueillant dans nos dîners et débats ceux de nos amis, compagnons et compagnes avec lesquels nous partageons un peu plus qu’une simple relation structurée par la vie profane professionnelle, ou familiale ou par l’appartenance à quelque tribu politique ou associative, celles et ceux à qui nous ne cachons pas notre engagement pour ce que nous appelons « Les Lumières ».



L’attachement à la tradition comme à une certaine forme de vérité historique, notamment sur la filiation antique et moderne des Lumières, ceux d’entre vous qui me connaissent mieux qu’à travers les prismes souvent trompeurs de la communication, savent à quel point j’y suis attaché.

Alors que j’avais été reçu « lewton » dans un rite d’adoption, en la chapelle des Stuarts à Saint-germain en Laye,  j’y ai été conduit hier pour la première fois depuis longtemps. Les évocations maçonniques ne manquent, autour du tombeau de Jacques II, cousin de Louis XIV qui avait rêvé de le replacer sur le trône d’Angleterre et d’Ecosse. Vous savez sans doute que c’est lui et sa suite qui introduisirent en France les premières loges, sous sa forme écossaise, avant que les querelles anglaises entre anciens et modernes et la fracture des Lumières en camps opposés, notamment sous la Terreur, bien plus tard, ne créent les conditions d’une maçonnerie certes divisée mais dont en fait aucune composante n’a oublié la lumière de ses origines communes. Quand le Royaume de France avant d’être de France et de Navarre était d’une certaine façon de France et d’Ecosse.

Il n’y a pas d’avenir sans respect et souvent recherche des vérités perdues, falsifiées ou superposées du passé.

Cette règle, puisque j’ai évoqué dans mon propos liminaire les deux faces que sont la tradition et l’adaptation, nous entendons bien l’appliquer à Dialogues & Démocratie Française elle-même :

-          D’une part en m’efforçant avec son aide mais aussi la votre de maintenir les conditions d’amitiés fraternelles, nous disons d’égrégore dans nos ateliers, que Pierre a su créer et qu’il n’est nul besoin de détailler tellement ces six étapes de création, presque bibliquement symboliques, l’illustrent ;

-          D’autre part en vous proposant régulièrement une relecture vivante de notre chartre en neuf points.

Nous sommes évidemment au service des obédiences et compte tenu du climat que créent les attaques en coupe réglée contre nos institutions et au-delà, partout dans le monde, de manière plus générale, contre l’esprit des Lumières, - et parfois nous y mettons du notre- je sais à quel point cet esprit d’amitié fraternelle est fragile.

Qui pourra mieux que toi, Pierre, dans la figure du président fondateur, notre président d’honneur désormais, pourra en être le meilleur garant ?

Quant  à la charte, dont je vous épargnerai le rappel, elle tourne, et je m’adresse particulièrement à vous Monsieur le Ministre,  autour une vision élevée de la république et de la redéfinition partagée et permanente de l’idéal humaniste. Elle pose les conditions, pour notre club, du travail nécessaire pour rendre toujours plus lisible une approche de l’universalisme qui ne soit une prétention désormais dépassée à dire la Loi du territoire, des peuples et de la démocratie au nom d’une légitimité historique incertaine, mais à traduire en permanence le souffle de l’universel en tenant compte des contingences sociales, historiques, économiques, environnementales, voire géostratégiques, des lieux d’où l’on parle.

Voilà qui fixe un cap pour nos publications, le travail de nos commissions et les thèmes de nos clubs locaux.

Cela signifie également que nous allons nous-mêmes adapter progressivement l’héritage dont nous devons commencer d’ores et déjà réfléchir à l’état dans lequel nous le livrerons aux futures équipes, c'est-à-dire à l’adapter, à le faire évoluer pour ne pas le trahir.

Je voudrais simplement fournir ici quelques indications des directions dans lequel la nouvelle équipe entend travailler :

-          Cette année, mais cela est déjà inscrit dans le programme, puisque nous sommes à quelques encablures de l’élection présidentielle, nous nous proposons d’interroger programmes et candidats sur les valeurs d’une République renouvelée, république étant à prendre au sens du socle des valeurs les plus élevées qui fonde « la chose publique », la gouvernance comme l’on dit souvent maintenant parfois pour masquer les hésitations sur les bons modes de gouvernement. Pourquoi un tel mépris du peuple par les nouvelles classes dirigeantes ? Pourquoi une telle confiscation des valeurs des « Lumières » par ceux-là mêmes qui parfois se présentent comme les gardiens du temple ? Quelle réponse apporter à la montée de la violence et parfois de la haine ?

-          Avec les responsables de commission, nous allons poursuivre le travail qui a commencé avec l’objectif de mieux préciser ce que nous tous en attendons. En restant dans la ligne des questions précédentes. Nous ne sommes en effet ni des conseillers de cabinet ministériel, nous ne refaisons pas les questions à l’étude des loges : nous travaillons sur l’interface entre maçonnerie et société sur le plan des valeurs. Comment tout ce travail dont vous avez eu ce soir un aperçu de l’étendue, peut-il s’exprimer de manière efficace à l’extérieur de notre club ? Comment le valoriser ?

-          Dans le même état d’esprit, après plus de trois années d’expérience d’un système de communication internet qui a évolué, notamment avec l’introduction de Facebook, nous allons nous recentrer les trois niveaux de communication national, local et thématique autour d’instruments plus lisibles.

-          Christophe Stener réfléchit également aux moyens modernes de coordonner nos fichiers, nos communications et le trésorier à la possibilité d’effectuer des paiements sécurisés en ligne. Nous vous informerons de toutes ces évolutions.

Avant de conclure, je souhaiterais indiquer une autre direction dans laquelle enrichir Dialogues et Démocratie Française en ouvrant nos dîners-débats et nos travaux à une expression plus large de nos valeurs.

Ainsi, la charte en 9 points concerne essentiellement les aspects politiques et partisans de la vie sociale et de l’interface maçonnerie-société. Pour mieux répondre aux aspirations actuelles, nous devrions ouvrir désormais plus largement nos travaux à la culture, à ses différentes expressions, soit classiques, soit modernes sans rejeter par exemple trop frileusement les champs nouveaux qu’ouvre la culture numérique notamment mais au contraire en nous attaquant de front aux défis qu’il pose, sans nous effrayer par exemple des choix et des pratiques de la jeunesse.

Je sais, Pierre l’a souvent regretté : dès que l’invité d’une soirée n‘est pas une vedette politique, la fréquentation chute fortement ! Peut-être faut-il alors trouver d’autres moyens, par exemple en débutant ou en terminant symboliquement chaque colloque par une évocation culturelle, même courte signant ainsi qu’à D&DF, sans être dans un temps sacré comme en loge, nous ne sommes pas moins dans un temps culturellement complet, retrouvé et non pas fractionné comme la société ne nous l’impose le plus souvent du fait d’un certain culte du matérialisme et de la productivité, donc de la « séparation ».

Ces inflexions sont des inflexions de fidélité à l’œuvre commencée par Pierre et tous ceux qui ont œuvré autour de lui. Elles se feront en se donnant le temps utile mais fermement, de manière à engager plus encore D&DF dans la grande bataille des valeurs qui est la nécessité de ce siècle pour lutter contre la désespérance et les nouvelles formes d’obscurantisme.

A cette fin, nous allons compléter le conseil d’administration et le groupe des engagés permanents qui l’aideront. Ce sera notre première tâche, peut-être d’ici le début avril, date effective de mise en place de la nouvelle équipe au complet, comme cela était prévu. Nous veillerons par exemple à mieux équilibrer hommes et femmes, tout en tenant compte des personnalités déjà élues ou cooptées et de la nécessité d’assurer une représentation équitable des obédiences.

La tâche est donc immense même si les pas proposés sont chacun modestes mais réalisables. Nous avons à travailler et toute bonne volonté est la bienvenue.

Pour inscrire cette déclaration d’intention dans les fondamentaux et la tradition vivante de D&DF, nous allons procéder, car je n’ai pas à conclure cette page d’histoire qui reste ouverte, à une petite cérémonie, toute simple, de clôture de cette soirée, en deux étapes.

Je demande à Pierre Chastanier, notre président fondateur, de me rejoindre, ainsi qu’aux personnalités élues du précédent bureau et du bureau actuel de nous rejoindre et de s’intercaler à la droite de Pierre et à ma droite, de former avec les membres fondateurs présents le début d’une chaine d’union longue… Je demande également aux GM et GM det à Alain Richard de nous rejoindre. Et je vous invite vous toutes et tous à vous lever pour compléter et fermer la chaîne pour chanter ensemble un couplet du « Ce n’est qu’à nos revoir mon frère ».

Mon cher Marcel Laurent, nous allons nous régler sur toi pour le premier couplet…

La chaîne d’union  se forme dans toute la salle

Puis, enfin les invités puis tous les présents se succèdent  au pupitre pour signer le Livre d’Or qui sera remis d'ici quelques jours à Pierre Chastanier.

Pendant la signature, Charley Muscat prononce une adresse très personnelle ainsiq qu'au nom des membres du bureau à l'intention de Pierre Chastanier.

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